Engagement dans l’armée
Mon engagement comme réserviste citoyenne militaire au CFOT de Lille
Depuis mon plus jeune âge, j’ai nourri un rêve : rejoindre les forces spéciales, pour prendre soin des autres, pour servir avec honneur, pour incarner les valeurs de courage, de solidarité et de dépassement de soi. Ce rêve, longtemps considéré comme inaccessible en raison de mon handicap, ne s’est jamais éteint. Il a simplement changé de forme, sans jamais perdre de sa force.
Aujourd’hui, je suis fière d’être réserviste citoyenne militaire au sein du CFOT de Lille. Ce rôle, je l’assume avec conviction et fierté, car je crois profondément que chaque citoyen et chaque citoyenne a un rôle à jouer dans le renforcement du lien entre l’armée et la nation. Être réserviste, c’est être un trait d’union entre les civils et les militaires, entre les institutions et les réalités du terrain, entre les valeurs républicaines et les engagements concrets.
Mon fauteuil roulant n’est pas une limite. Il est un outil de mobilité, pas une entrave à l’engagement. Je suis capable autrement, opérationnelle autrement, mais toujours animée par le même feu : celui du service, de la fraternité, et de la résilience.
Grâce à mon expertise dans le domaine du handicap, je mobilise un réseau associatif engagé, composé de femmes et d’hommes qui, comme moi, croient en la force du collectif. Ensemble, nous œuvrons pour soutenir nos blessés, pour accompagner ceux qui ont donné de leur corps et de leur âme au service de la patrie, pour faire entendre leurs voix et honorer leur courage.
Mon engagement au CFOT est une manière de dire que la citoyenneté ne connaît pas de frontières physiques, que la défense nationale est l’affaire de tous, et que la diversité des parcours est une richesse pour nos forces.
Je suis fière de porter les valeurs , fière de représenter une armee qui travaille son inclusion, forte de ses différences, et fidèle à ses valeurs. Et je continuerai, avec détermination et humilité, à servir là où je peux être utile, là où mon histoire peut inspirer, et là où mon engagement peut faire la différence.
- La blessure militaire, le handicap civil : points communs, divergences, mais une même humanité
Dans les couloirs silencieux des hôpitaux militaires comme dans les centres de rééducation civils, des hommes et des femmes réapprennent à vivre avec un corps transformé. Certains ont été blessés au combat, d’autres par la vie. Mais tous partagent une réalité : celle d’un corps qui ne répond plus comme avant, d’un quotidien réinventé, d’une dignité à défendre.
La blessure militaire et le handicap civil semblent, à première vue, relever de mondes différents. L’un est souvent associé à l’uniforme, à l’engagement, à la bravoure. L’autre, à la fragilité, à la dépendance, à l’invisibilité sociale. Et pourtant, ces deux réalités se rejoignent dans une même expérience humaine : celle de la vulnérabilité, du dépassement de soi, et de la quête de reconnaissance.
Une même épreuve, des récits parallèles
La blessure militaire survient dans un contexte de service, parfois dans l’urgence du feu, parfois dans la discrétion d’une mission. Elle est souvent perçue comme un sacrifice pour la nation. Le handicap civil, quant à lui, peut être le fruit d’un accident, d’une maladie, ou d’une naissance. Il est rarement médiatisé, souvent banalisé.
Mais au-delà des causes, les conséquences humaines se rejoignent : perte d’autonomie, regard social altéré, reconstruction physique et psychologique, besoin de soutien. Dans les deux cas, il s’agit de réapprendre à habiter son corps, à redéfinir son identité, à retrouver sa place dans la société.
Une citoyenneté partagée
Face à ces parcours de vie, une évidence s’impose : la citoyenneté ne se mesure pas à l’intégrité physique. Elle se mesure à l’engagement, à la volonté de contribuer, à la capacité de résilience. De plus en plus, des passerelles se créent entre le monde militaire et le monde civil pour reconnaître cette humanité partagée.
La réserve citoyenne militaire, par exemple, permet à des civils — valides ou en situation de handicap — de s’engager aux côtés des forces armées pour renforcer le lien entre l’armée et la nation. Dans ce cadre, l’expertise issue du monde associatif, notamment dans le domaine du handicap, devient un atout précieux pour accompagner les blessés, sensibiliser les unités, et promouvoir une culture de l’inclusion.
Transformer la blessure en force
Qu’elle soit visible ou invisible, la blessure ne doit pas être perçue comme une fin, mais comme un point de bascule. De nombreux blessés militaires deviennent des figures de résilience, des ambassadeurs de la fraternité d’armes. De même, de nombreuses personnes en situation de handicap civil s’engagent dans la vie associative, politique ou professionnelle avec une force puisée dans l’épreuve.
Ce qui les unit, c’est la volonté de ne pas être réduits à leur condition, mais d’être reconnus pour ce qu’ils apportent : une autre manière d’être fort, une autre manière d’être utile, une autre manière d’être pleinement humain.
Une société à construire ensemble
Reconnaître les ponts entre blessure militaire et handicap civil, c’est refuser les hiérarchies de souffrance, et choisir de bâtir une société où chacun a sa place. C’est comprendre que la fragilité n’est pas une faiblesse, mais une invitation à la solidarité. C’est affirmer que la Nation se grandit lorsqu’elle accueille toutes ses forces, même celles qui avancent autrement.
Dans cette humanité partagée, il n’y a ni héros ni victimes, mais des citoyens debout, chacun à sa manière, engagés pour un monde plus juste, plus fraternel, plus fidèle à ses valeurs.
